Hermann Simons, une haute figure du Collège d’Erpent
Publié le 27 janvier 2025 par Francois
Nous avons appris avec beaucoup de tristesse le décès de Monsieur Hermann Simons, survenu ce 5 janvier 2025.
Né à Manderfeld dans les Cantons de l’Est, M. Simons était professeur de langues modernes au Collège et a été pendant de longues années préfet des études des 3e et 4e humanités. Très cultivé, plein de verve et d’humour, il a notamment accompagné à cinq reprises le voyage des Rhétos en Grèce entre 1978 et 1987.
Notre sympathie et nos pensées accompagnent sa famille et ses proches, et en particulier ses deux fils, Renaud (6B 83) et Cédric.
Son ancien collègue Daniel Marchant a écrit un texte à sa mémoire. Ces quelques lignes se basent notamment sur l’entretien qu’Hermann Simons lui avait accordé en juillet 2019 dans le cadre de la préparation de l’ouvrage 50 ans à Erpent, paru en 2021 aux Éditions namuroises.
Hermann Simons est né en 1932 à Manderfeld, commune prussienne pendant plus de cent ans, de 1814 à 1919 et qui fut rattachée à la Belgique en 1920. Cette commune fut rattachée au IIIe Reich, de 1940 à 1944. C’est maintenant une section de la commune de Bullange en Province de Liège mais qui relève de la Communauté germanophone, tout en appartenant à la Région wallonne. La famille est une famille nombreuse puisqu’il y aura 5 garçons et 4 filles. Hermann est le 7e enfant de la famille. Agent de postes, le papa d’Hermann mourra à 82 ans ; mère au foyer, Madame Simons mourra à 95 ans.
Après ses longues études primaires (de la 1ère à la 8e année) faites en langue allemande à Manderfeld, Hermann est envoyé comme interne au Petit Séminaire de Saint-Trond. Il y a deux sections dans cette école, une néerlandophone et une francophone. Hermann suivra les cours de la section francophone et cela entre 1946 et 1952. En 1952, il entame une candidature en Philosophie et Lettres (section langues modernes : allemand, anglais, néerlandais) et devient candidat en Philo et Lettres deux ans plus tard. Mais en 1954, il se sent sur une voie de garage et arrête ses études. Il réfléchit tout un temps à son avenir et entame alors son service militaire à Arlon comme « candidat officier » et ce pendant 8 mois ; il apprécie l’instruction forte et dure donnée à Arlon puis il entre à Vielsalm comme « candidat officier de réserve » chez les Chasseurs ardennais. Il y restera 10 mois et fera fonction d’ « officier d’éducation. » Une belle opportunité se présente ensuite à lui en 1958 ; il connaît l’allemand, le néerlandais et le Boerenbond lui propose une place d’employé dans la partie « Assurances ». Il y reste un an, jusqu’en 1959 . Il postule alors pour un secteur qui l’attire, l’enseignement et quelques mois après, il obtient un horaire plein dans l’école des Sœurs de Notre-Dame , à Bastogne. Il y enseigne divers cours dans le cycle inférieur : langues modernes mais aussi latin, grec, français. Il n’enseignera qu’un an à Bastogne car en 1960, il est amoureux d’une jeune institutrice qui habite à Namur, rue Dewez, Mademoiselle Monique Ludwig. En juillet 1960, le couple se marie. Monique enseigne dans l’école des Ursulines à Namur et est nommée. Hermann n’est pas nommé. Le choix de Namur s’impose à leurs yeux et le couple va habiter jusqu’en 1968 à la rue Dewez.
En septembre 1960, Hermann trouve une place de professeur à l’Institut saint-Joseph de Ciney qui dépend des Frères des Écoles chrétiennes. Il y enseigne surtout les langues modernes mais aussi le latin et l’histoire. « Dans cette école, j’ai encore enseigné de tout, y compris le latin », nous a-t-il confié (Interview du 18 juillet 2019). Il restera 13 ans dans cette école et connaître les débuts de la mixité. Il se plaît bien dans cette école mais comme il a fait construire en 1968 une maison à Bouge, Hermann cherche à se rapprocher de Namur. Et il connaît un père jésuite, le père Gilsoul avec qui Hermann suit des cours de perfectionnement d’anglais. Il écrit au père Pierre Pattyn, alors directeur et préfet des études du Collège Notre-Dame de la Paix pour faire acte de candidature. A cette époque, le Collège engageait de nombreux professeurs féminins dans sa volonté d’installer la mixité ; Hermann n’est pas engagé mais le père Pattyn retient la candidature d’Hermann.
C’est en 1973, à un moment où il ne cherche plus vraiment, qu’Hermann reçoit le coup de fil tant espéré : le père recteur, Guy de Marneffe, lui propose une place au Collège. Hermann a un horaire complet en néerlandais ! il est heureux. Il a de bons collègues ; il n’y a pas de grande différence d’ambiance avec l’école de Ciney, ni de différence pour la discipline. Pas de grosse différence de niveau non plus. Quant à la mixité, il la connaît déjà ! Donc, il n’est pas du tout désorienté. Quand le rénové arrive à Erpent, Hermann le connaît bien puisqu’il l’a déjà rencontré dans l’école de Ciney dès 1970. Le Collège y passera en 1978. La relation d’Hermann avec le père de Marneffe est excellente ; il l’a invité une ou deux fois à manger chez lui. Il aura aussi un bon contact avec le Père Marc Colleye même si « celui-ci n’était pas administratif ». L’entente est bonne aussi avec le père De Deckère : « J’appréciais beaucoup le père De Deckère pour sa manière directe. Avec lui, il fallait s’affirmer. » (Interview du 18/7/2019)
En 1989, Hermann devient préfet d’études des 3e et 4e secondaires. Durant sa première année comme préfet, il garde encore 10 heures de cours puis il se limite à un cours à partir de l’année 1990-1991. « J’ai pris cela comme un service à rendre et non pas comme une fonction de direction. La fonction n’existant pas, c’était difficile au début, c’était particulièrement lourd. Mais j’étais entièrement absorbé par cette mission. Et je m’entendais très bien avec le directeur Guy Carpiaux et avec le sous-directeur, André Preudhomme. André et moi, nous étions fort proches », nous a-t-il confié (Interview du 18/7/2019) Avec André Preudhomme, Hermann décide des attributions de cours aux membres du corps professoral enseignant aux 1er et 2e degrés, établit les horaires des examens …L’entente entre eux est excellente. Tous deux reçoivent beaucoup d’élèves et de parents pour donner des conseils, orienter et d’abord écouter. En ce qui concerne les missions éducatives, Hermann travaillera d’abord avec le père Albert Schmitz, préfet d’éducation depuis 1982 puis avec Monsieur Jean Pierre Marinx, préfet d’éducation à partir de l’été 1993. Hermann collaborera aussi avec Monsieur Jacques Sibille qui assurera l’intérim de Monsieur Carpiaux à partir de l’été 1989 jusqu’à l’été 1996. Avec Jacques Sibille, les relations seront excellentes.
C’est en 1994 qu’Hermann Simons prendra sa retraite. Son gentillesse, son humeur égale, sa jovialité, sa rigueur, son érudition ont fait de lui un collègue unanimement apprécié. À partir de ses 62 ans, Hermann peut alors se consacrer entièrement à sa famille (avec Monique, il a eu trois fils, Olivier, Renaud et Cédric et plusieurs petits-enfants) et à ses autres passions que sont la marche, la lecture (son érudition est grande), la rencontre d’amis, les visites d’expositions, les voyages culturels. La foi d’Hermann l’aidera à supporter les lourdes épreuves que furent la perte de son aîné, parti trop tôt, et la maladie de Monique, sa chère épouse.
Daniel Marchant


Sources :
- Daniel Marchant, 50 ans à Erpent, Le collège Notre-Dame de la Paix 1971-2021, Éditions Namuroises, 2021, 278 p.
- Interview de M. H. Simons, 18 juillet 2019.
