Un projet d'annee : L'attention aux eleves les plus faibles.
A l'initiative du CEP
(CEP = Carrefour éducatif et pédagogique, il réunit des professeurs, des éducateurs et la direction du Collège...)
QUATRE QUESTIONS, MILLE ÉLÈVES…
… UN INSTANTANÉ DU COLLÈGE.
(Pour le CEP, Chantal CAMBIER.)
Donner la parole à chacun des élèves de l’école, cela ne s’était encore jamais fait dans une enquête. L’idée a germé au sein du «CEP» (Carrefour Educatif et Pédagogique : un groupe de professeurs qui réfléchissent autour de la direction aux grandes questions du collège) afin qu’un autre regard soit porté sur notre relation éducative et pédagogique.
Enquête aux questions ouvertes et fermées, qui, au-delà des analyses chiffrées, est surtout interpellante par la diversité des réponses et la réflexion qu’elle suscitera, tant chez les profs que chez les élèves.
On y touche ainsi à tout : ambiance de travail, convivialité, importance de l’amitié, respect, activités sportives, organisation des classes, propreté et ponctualité, regard des autres, cours exigeants, aide et conseil, temps de révision, responsabilité et participation.
Certains témoignages sont parfois liés au vécu d’un degré plutôt qu’un autre.
Voici, en vrac, quelques bouts de phrases significatives :
Au premier degré, les plus jeunes se plaignent de l’attitude « des grands » : « Ils arrivent toujours plus tôt au réfectoire et nous bousculent », aiment quand on les encourage « quelqu’un me dit que ce que je fais c’est bien », et apprécient les profs souriants et patients, et ceux « dont le boulot n’apparaît pas comme une corvée », et qui « donnent des conseils ». Ils rêvent d’une école plus propre, de groupes où personne ne serait rejeté. Ils se sentent soutenus quand « les amis me demandent comment je vais » et « les parents félicitent des bons résultats ».
Au deuxième degré, nos élèves sont en difficulté quand « les cours avancent trop vite » ou quand « on attribue une réputation à ma classe » ; sont encouragés quand on dit des choses positives à leur propos. Ils sont très sensibles à la moquerie : « Je n’aime pas quand on se moque de moi devant tout le monde » et sont très heureux d’avoir de bonnes remarques sur les interros. Ils trouvent que les éducateurs les encouragent : « Ils nous écoutent et nous soutiennent ». Certains sont attentifs à l’ambiance de la classe : « Je vois souvent la bonne ambiance qu’il y a dans ma classe ». La discussion directe avec le prof est vraiment appréciée « pour voir ce qui va et ce qui ne va pas ». Il y a aussi des attentes en rapport avec les heures de temps libre, de tolérance vestimentaire et même de fumage.
Au troisième degré, ce qui retient l’attention, c’est l’écoute aux réunions de délégués, la présence très coopérante des éducateurs « qui viennent me parler, m’écouter, prendre en main mes problèmes ». Ils souhaitent encore plus d’encouragements, apprécient le temps que certains profs donnent pour les aider. Ils relèvent le fait d’avoir pour certaines classes des profs (trop ?) exigeants, sont fatigués en 8è heure, « Quand je décroche au cours et le professeur ne le voit pas ». Ils voudraient plus de liberté pour accéder aux ordinateurs. Ils rêvent d’une école sans préjugés.
En moyenne, un élève par classe se sent très mal au collège, mais 69% des élèves disent s’y sentir bien ou très bien. La première journée pédagogique nous a permis de prendre connaissance de l’ensemble des réponses, ce n’est qu’un point de départ.
Le projet portera sur toute l’année : sur base de cette enquête, il s’agit de dialoguer entre professeurs, élèves et direction, pour que la vie au collège s’améliore.