UN PREMIER RECTEUR LAÏC AUX FUNDP

C’est le professeur Yves Poullet qui a été nommé recteur de l’Université jésuite de Namur (FUNDP). Il succédera à Michel Scheuer sj, pour un mandat de 4 ans, le 1er septembre prochain. Agé de 52 ans, il est le fondateur et directeur du premier centre interdisciplinaire en informatique et droit en Europe. Il est le premier recteur laïc de l’Université de Namur.
ENTRETIEN
Le fait que vous ne soyez pas jésuite marque-t-il un tournant pour l’Université de Namur ?
Nous étions quatre candidats et aucun n’était membre de la Compagnie de Jésus, simplement parce qu’il n’y a plus de vocation. Vu de l’extérieur, cela peut donner une apparence de discontinuité. Rien de plus faux. Le message jésuite, tel que je le perçois à travers mes lectures de Saint-Ignace ou de l’actuel général des jésuites, m’amène à une autre réflexion. Les jésuites ont une dimension d’ouverture et de respect d’autrui et une volonté d’entrer en communication avec les autres cultures et cela m’apparaît très positif. Je suis très attaché à cette tradition qui est défendue à l’Université de Namur. Il n’y a donc aucune rupture.
Qu’est-ce qui différentie une université de Jésuites, comme Namur, d’une université catholique, comme Louvain ?
Au sein de l’Église catholique, les jésuites font peut-être preuve de plus d’indépendance. On met l’accent sur le dialogue avec l’ensemble des autres cultures.
Quand on voit la sociologie de la population belge aujourd’hui, une université de jésuites, ce n’est pas anachronique ?
Ce qui était anachronique, c’est la façon dont on a redessiné le paysage universitaire en 1996, autour de pôles laïque, étatique et catholique. On aurait pu concevoir de réfléchir autrement, avec des découpages géographiques ou en faisant un énorme réseau avec des répartitions de compétences.
Vous inscrivez-vous dans la ligne de vos prédécesseurs ?
L’enjeu essentiel du rectorat passé, à savoir la fusion à l’intérieur de l’académie de Louvain de quatre institutions universitaires, sera aussi celui de mon rectorat. À cet égard, il n’y a pas lieu de remettre en cause la ligne de notre université. Ce qui nous intéresse, c’est de savoir, comme mon homologue de Louvain, quel est le sens de cette fusion et ce qu’elle va apporter de plus à notre communauté. Ce que nous souhaitons, à Namur, c’est que cette académie prenne en compte la spécificité et les besoins de développement de chaque université.
La fusion est reportée à 2011 ou, selon vous, à plus tard ?
Tout doit être réglé pour ce moment-là. On ne cherchera pas à retarder l’échéance. Une fusion qui traîne ferait selon moi plus de mal que de bien.
REPÈRES
Jésuite
Université membre de l’Académie universitaire de Louvain, les Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix (FUNDP) de Namur sont l’une des trois universités jésuites en Europe, avec Bilbao et Madrid, alors qu’on en compte une vingtaine en Amérique du Nord et une trentaine en Amérique du Sud.
Élection
A l’issue du deuxième tour, au cours duquel les 42 membres de l’AG doivent classer les candidats en ordre utile, les noms des trois candidats qui récolent le plus de suffrages sont couchés, dans l’ordre, sur une feuille que le doyen glisse dans une enveloppe adressée, à Rome, au Supérieur général jésuite, le « pape noir », l’Espagnol Adolfo Nicolas. C’est lui qui renvoie ensuite la lettre avec le nom du « lauréat ». A noter qu’il n’est pas tenu de désigner le candidat qui a recueilli le plus de voix.

Source : www.lesoir.be
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[Publié le 22 juin 2010]